Devant le conseil national de son parti, le chef de l'Etat a appelé au courage et à défendre l'action au gouvernement. François Fillon, lui, a insisté sur la nécessité de l'unité. L'UMP a investi toutes ses têtes de listes.
Ce sera une bataille nationale et Nicolas Sarkozy en assumera le résultat. L'UMP a lancé samedi solennellement sa campagne pour les élections régionales de mars 2010. Devant le conseil national du parti de la majorité, les ténors ont défilé toute la journée à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), précédant Nicolas Sarkozy.
Le chef de l'Etat a en effet choisi de venir lui-même saluer militants et élus. Dans un discours aux accents de 2007, il a appelé ses troupes à défendre les réformes menées par le gouvernement, même les plus contestées. De la loi Hadopi sur le téléchargement illégal à la taxe carbone en passant par la baisse de TVA dans la restauration, Nicolas Sarkozy a exhorté militants et élus UMP à ne rien lâcher.
«Depuis deux ans et demi, tous les débats sans exception, c'est nous qui les portons», s'est enorgueilli le chef de l'Etat «Alors bien sûr, quand on est à la tête du navire et qu'il y a une vague un peu plus grosse que les autres, on est un peu mouillés», a-t-il admis. «Mais on pilote le navire».
Nicolas Sarkozy a également taclé PS et écologistes sur leurs critiques de son action. Il a ainsi accusé Martine Aubry de vouloir faire le jeu du FN en appelant à une régularisation massive des sans-papiers : «est ce que vous croyez que je n'ai pas compris la manoeuvre? De la même façon que le Parti socialiste dans les années 1980 a exploité le Front national pour gagner les élections, il s'agit à trois mois des élections régionales d'agiter le chiffon rouge», a expliqué le chef de l'Etat, pour qui «ce n'est pas une pratique qui honore ceux qui ont décidé de la prendre».
Autre attaque en règle, cette fois contre les écologistes : «Quand j'entends nos écologistes parfois dire qu'ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, est-ce qu'ils savent qu'il y a du chômage? est-ce qu'ils savent qu'il y a de la misère dans le monde? est-ce qu'ils savent qu'il y a près d'un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là?»
«Vous êtes une famille qui est à un niveau jamais égalé en France», a assuré le chef de l'Etat aux membres de l'UMP, alors que les sondages donnent une nette avance à la gauche pour le moment. «Vous allez partir à la rencontre des Français, c'est un privilège».
L'unité à tout prix
Avant le discours du chef de l'Etat, François Fillon et Xavier Bertrand avaient déjà évoqué cette stratégie d'union autour du bilan de la majorité. «Ne nous y trompons nous ne gagnerons pas les élections régionales en menant 22 campagnes, chacun dans son coin, chacun dans sa région», mais en assumant le «changement de la France depuis 2007», a expliqué le numéro un de l'UMP.
Pour le premier ministre, «la gauche va tenter d'instrumentaliser cette élection contre le président, le gouvernement et les réformes. Nous devons assumer notre bilan, nous devons assumer nos convictions, nous devons placer l'opposition devant la vacuité de ses propositions». Le premier ministre a averti : «Tout le monde devra se plier aux décisions prises (...) Il faudra mettre de côté les intérêts personnels et les sensibilités partisanes aussi légitimes soient-elles».
Le message, martelé par tous, est donc celui de l'unité derrière l'action et les réformes du chef de l'Etat et du gouvernement. Le slogan de l'UMP pour ces élections est le suivant : «La France change, ma région doit changer aussi».
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