blog militant de Brice Blazy

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01Feb 2010

A Paris, Nicolas Sarkozy doit arbitrer la liste UMP

S’il dit avoir renoncé à l’avant-scène pour les élections régionales, Nicolas Sarkozy s’active toujours autant en coulisses. Le président de la République a ainsi réuni, jeudi 28 janvier, dans son bureau, le premier ministre François Fillon, le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux et le président du Comité de liaison de la majorité présidentielle, Jean-Claude Gaudin. Au menu de la réunion : la composition de la liste UMP à Paris, ainsi que celle de plusieurs autres listes départementales.

A Paris, le bouclage de la liste était devenu “un enfer”, raconte Jean-François Lamour, président du groupe UMP au conseil de Paris. Traditionnellement, beaucoup de candidats se bousculent au portillon dans la capitale. Mais, pour ce scrutin, la concurrence était devenue d’autant plus vive qu’en cas de défaite au scrutin de mars, seuls les treize premiers sur la liste parisienne ont une chance d’être élus.

Valérie Pécresse, candidate (UMP) à la direction de la région Ile-de-France, a souhaité placer des élus parisiens qui l’avaient soutenue pendant la primaire interne à l’UMP et ouvrir sa liste à la société civile. Cette ambition a nourri de sourdes intrigues entre les différentes chapelles de la droite parisienne. A cela se sont ajoutées les demandes des partis associés de l’UMP, inquiets d’être relégués en fin de liste. Sans compter les luttes d’influence entre M. Bertrand, M. Fillon et le “patron” des députés UMP, Jean-François Copé.

Le 13 janvier, M. Bertrand a troublé le jeu en voulant imposer, en position éligible, Benjamin Lancar, le président des jeunes UMP, pourtant sans attache élective parisienne. Pour intégrer M. Lancar, Mme Pécresse a remis sa liste sur le métier qu’elle est allée ensuite présenter, le 20 janvier, à l’Elysée. Le chef de l’Etat a lui aussi dressé une ébauche de liste qui a donné lieu à de multiples interventions.

Nicolas Sarkozy a choisi le numéro 2 de la liste : Patrick Karam, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer. Mme Pécresse soutenait également Jean-Robert Pitte, ex-président de l’université Paris-IV. Mais Jean-François Copé s’est alors fait l’avocat insistant auprès de l’Elysée de Grégoire Chertok, conseiller (Radical valoisien) du 16e arrondissement. Banquier d’affaires, associé-gérant de la Banque Rothschild, M. Chertok est un ami de M. Copé, mais aussi un proche de M. Bertrand et de Mme Pécresse. M. Fillon est, lui, intervenu pour placer Vincent Roger, élu du 4e.

M. Sarkozy a pris en compte “tous les égos des notables”, remarque un élu UMP. Il a également écouté Pierre Charon, en charge des élus de Paris auprès de M. Bertrand à l’UMP et proche du président de la République. M. Charon a soutenu avec zèle Pierre-Yves Bournazel, jeune conseiller du 18e, et avait, à l’inverse plutôt écarté, dans un premier temps, M. Chertok, et l’ex-patron de la Sorbonne, M. Pitte. Au grand dam de Mme Pécresse.

Finalement, le casting élyséen comporte “une huitaine d’élus parisiens parmi les treize premiers de la liste”, se félicite M.Charon.

Mme Pécresse s’en réjouit aussi. La ministre de l’enseignement supérieur a toutefois obtenu quelques ajustements au casting élyséen. A sa demande, Jean-François Legaret, maire (UMP) du 1er arrondissement a été placé avant M. Bournazel sur la liste. M. Legaret l’avait soutenue pendant les primaires internes à l’UMP.

M. Pitte qui avait été “noyé” en quarantième position, a été placé, de manière plus “visible” à la dernière place sur la liste. Pour appeler ses troupes à serrer les rangs, Mme Pécresse les réunira, dimanche 7 février, autour d’un grand banquet.

01Feb 2010

L'UMP s'efforce de gérer le cas Villepin

À l'approche de l'échéance électorale des régionales, la majorité essaye d'éteindre le feu des divisions.

«Si des gens nous demandent pourquoi on a des candidats villepinistes sur nos listes, alors que Villepin n'arrête pas de taper sur Sarkozy, on répond quoi ?» : la question émane d'un Jeune populaire. Elle s'adresse à Frédéric Lefebvre, qui s'est porté volontaire, samedi, pour expliquer aux cadets de l'UMP comment gérer l'affaire Clearstream en pleine campagne des régionales. Dans la salle du conseil national, alors que les délégués sont partis déjeuner, le porte-parole du parti transmet à une petite trentaine de jeunes militants les «éléments de langage» fournis par la cellule de communication de l'Élysée. Lefebvre conseille de reprendre les termes du communiqué diffusé par la présidence de la République après l'énoncé du verdict, notamment sur «la sévérité de certains attendus» concernant Dominique de Villepin. Mais il préconise aussi d'insister sur l'isolement de l'ex-premier ministre dans une majorité globalement «unie». Les Jeunes Pop sont satisfaits, puisqu'ils applaudissent à la démonstration.

Le début de matinée a été nettement plus éprouvant pour la direction de l'UMP. En attendant le début du conseil national, le villepiniste Georges Tron s'est chargé de mettre l'ambiance dans les couloirs. Venu témoigner son «soutien à Valérie Pécresse», qui mène la liste de la majorité en Ile-de-France, le député de l'Essonne désigne le chef de l'État comme le fauteur de division. Pour lui, il est «inconcevable d'imaginer que Nicolas Sarkozy ne soit pour rien dans l'appel» interjeté contre la relaxe de Dominique de Villepin. «S'il y a pollution de ce conseil national, ce n'est pas de notre fait», conclut-il.

Mais les autres villepinistes présents sont beaucoup plus nuancés. Hervé Mariton n'exclut pas que le président et le procureur Jean-Claude Marin aient «tous les deux» souhaité l'appel. «Ce qui est inacceptable, précise-t-il, c'est que Marin ait annoncé qu'il y aurait un second procès sur une radio.» Le député de la Drôme regrette l'attitude de Sarkozy, mais la réaction de son mentor l'inquiète. Selon lui, il «faut être intelligent pour deux, ne pas tomber dans le piège de la provocation, sauf à prendre le risque de tomber à gauche».

Une atmosphère lourde

Bruno Le Maire, seul villepiniste du gouvernement, va encore plus loin. Pour lui, il y a l'«ami» Villepin, qu'il a eu au téléphone le soir de l'annonce de sa relaxe, le «courant de pensée» villepiniste, qu'il convient de «respecter» parce que «la force de l'UMP, c'est sa diversité», et le rival potentiel de Nicolas Sarkozy en 2012. Et là, le ministre de l'Agriculture a fait son choix : «Si Nicolas Sarkozy décide de se représenter, il faudra qu'il y ait une unité de notre famille autour du président.»

Le Maire a-t-il annoncé sa décision aux autres villepinistes avant de la rendre publique ? La réponse claque : «Ce n'est pas ceux auxquels je parle le plus.» Pour autant, la tête de liste de la majorité en Haute-Normandie n'exonère pas Sarkozy de toute responsabilité dans la relance de l'affaire. Il prend un malin plaisir à souligner que «Xavier Bertrand avait tourné la page, jeudi, sur RTL», avant l'appel. Un Bertrand bien décidé à «ne pas entrer dans la polémique».

Le rebondissement du duel judiciaire entre Sarkozy et Villepin a largement contribué à alourdir l'atmosphère du conseil national, même si l'ouverture et le renouvellement dans la composition des listes avaient déjà gâché la fête. Le secrétaire général de l'UMP n'a pas voulu en rajouter. «Quand il y a des divisions, le risque, c'est que nos électeurs restent à la maison», a-t-il prévenu. Promettant de ne jamais dire qu'il voudrait «ne voir qu'une seule tête» au sein du parti, il s'est engagé à tout faire pour ramener la paix entre les «faucons» sarkozystes et villepinistes. Dans la mesure de ses moyens.

01Feb 2010

Régionales - L’UMP boucle ses listes dans la douleur

Politique d’ouverture oblige, le parti présidentiel a dû faire de la place à ses alliés sur ses listes, au risque de mécontenter ses troupes. L’UMP a beau afficher son unité, c’est dans la douleur qu’elle a bouclé ses listes pour les régionales, lors d’un conseil national samedi à Paris. Seuls 60 % des 700 délégués présents les ont approuvées, un score médiocre qui reflète le mécontentement de certains cadres, contraints de céder des places aux alliés de l’UMP : Nouveau Centre, Progressistes, Parti radical, Gauche moderne, CPNT, MPF, ou Parti chrétien démocrate.

« En démocratie, 60 % c’est une large majorité », a positivé le patron du parti, Xavier Bertrand. De toute façon, « maintenant, tout le monde devra se plier aux décisions prises ! », a prévenu le Premier ministre François Fillon. Furieux, Thierry Lazaro, qui devait occuper la deuxième place sur la liste de la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Valérie Létard (NC) dans le Nord-Pas-de-Calais, a, lui, préféré claquer la porte, en dénonçant une politique d’ouverture « déraisonnable ».

23Jan 2010

NICOLAS SARKOZY DEBAT AVEC LES FRANÇAIS

Le président de la République sera l'invité de TF1 lundi 25 janvier pour clore la séquence des vœux par un exercice de pédagogie auprès des Français. Il répondra dans un premier temps aux questions de Laurence Ferrari sur le plateau du journal de 20 heures pendant un quart d'heure. Puis il dialoguera pendant une heure avec une dizaine de Français, sous la conduite du présentateur du 13 heures, Jean-Pierre Pernaut. Invitez tous vos amis à poser des questions et à regarder l'émission.

27Dec 2009

Bonnes Fêtes !!

En cette fin d'année je vous souhaite à touteset à tous de bonnes fêtes de fin d'année pour vous-mêmes et pour vos proches.

Que l'année 2010 nous apporte les valeurs de sérénité, de solidarité et de fraternité dont chacun a besoin pour faire face à la crise et aux tensions actuelles.

Que chacun d’entre vous puisse profiter de cette période pour se recentrer sur les valeurs familiales et humaines afin de traverser cette période difficile et de conserver l'espoir dans un avenir meilleur.

Bonnes Fêtes à tous !

15Dec 2009

Monsieur le Président de la République suspendez le débat sur l'identité nationale !

Monsieur le Président de la République suspendez le débat sur l'identité nationale qui tourne à la stigmatisation facile d'une catégorie de la population qui devient la victime expiatoire des problèmes que traverse de notre société.

Nous nous trompons de priorité : La crise et l'économie ! C'est le seul combat à mener dans les mois à venir. Mobilisons nous tous car la crise n'est pas terminée !

Ce qu’attendent de nous nos concitoyens

Ce qu’attendent de nous nos concitoyens c’est que nous soyons mobilisés sur les thèmes actuellement très préoccupant de l’activité économique et de l’emploi. La crise n’est pas terminée et nombreux sont ceux qui s’inquiètent de la situation de leur entreprise, de la recherche d’emploi de leurs enfants, de leur propre emploi. Toutes nos forces doivent être tournées vers cet objectif : sortir de la crise et recréer des emplois au plus vite. Dans ce contexte le gouvernement a lancé de nombreuses mesures très importantes et des budgets importants. Les plans gouvernementaux ne semblent pas relayés localement comme il le faudrait. La situation actuelle nécessiterait également de balayer devant la porte des institutionnels et s’engager à faire des efforts pour montrer l’exemple en engageant par exemple une réflexion sur le sens des mandats, leur nombre, leur durée. Réflexion qui s’engage également sur la réforme des collectivités. Concernant l’identité nationale, le débat lancé prend une mauvaise tournure et n’apporte pas les éléments propices au rassemblement des français sur des valeurs communes. Ce débat sur l’identité nationale doit être suspendu par le Président de la République car il tourne à la stigmatisation facile d'une catégorie de la population qui devient la victime expiatoire des problèmes que traverse notre société. Les débats qui divisent actuellement n’apportent rien aux difficultés que nous traversons et alimentent les débats des salons Parisiens et occupent tout ce beau monde à commenter l’actualité. Est-ce ce que nous demandons à notre classe politique ? Nous avons besoin d’action, d’engagement, de vision. Il nous faut nous retrouver et le plus vite possible sur ce qui nous rassemble et éviter les facteurs de divisions. La crise actuelle est telle que chacun doit se sentir concerné à son niveau pour aider ceux qui sont frappé de tenir le temps qu’il faudra le temps que la situation s’éclaircisse. Nous changeons d’ère, le développement doit être envisagé dans le respect des individus et de l’environnement. Le système a été poussé à son paroxysme et tous reconnaissons qu’il va nous falloir faire évoluer nos comportements. Nos élites et nos dirigeants le doivent aussi sans quoi ils ralentissent l’Histoire et seront dépassé par elle. Il est temps de nous rassembler autour des valeurs qui sont les nôtres : - l’ouverture, la tolérance, la fraternité, l’honnêteté, la probité, la liberté. La situation actuelle nous oblige tous à cela pour défendre notre modèle et notre aspiration dans l’avenir pour nos familles, nos villes, notre pays. Dans ce contexte les échéances « Régionales » qui arrivent constituent un enjeu important. La Région est l’échelon qui peut le mieux relayer les plans et les décisions concernant la relance économique. La région par son intervention sur les domaines de la formation, de l’enseignement et du développement économique représente un facteur majeur de la relance de l’économique et de la sortie de crise. C’est pourquoi les échéances à venir nous donne le choix entre : -consolider un contre pouvoir politique local -changer pour relayer les grandes mesures nationales pour la relance, la formation et l’emploi.

29Nov 2009

Régionales : Sarkozy lance la campagne de l'UMP, ce sera une campagne nationale !

Devant le conseil national de son parti, le chef de l'Etat a appelé au courage et à défendre l'action au gouvernement. François Fillon, lui, a insisté sur la nécessité de l'unité. L'UMP a investi toutes ses têtes de listes.

Ce sera une bataille nationale et Nicolas Sarkozy en assumera le résultat. L'UMP a lancé samedi solennellement sa campagne pour les élections régionales de mars 2010. Devant le conseil national du parti de la majorité, les ténors ont défilé toute la journée à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), précédant Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat a en effet choisi de venir lui-même saluer militants et élus. Dans un discours aux accents de 2007, il a appelé ses troupes à défendre les réformes menées par le gouvernement, même les plus contestées. De la loi Hadopi sur le téléchargement illégal à la taxe carbone en passant par la baisse de TVA dans la restauration, Nicolas Sarkozy a exhorté militants et élus UMP à ne rien lâcher.

«Depuis deux ans et demi, tous les débats sans exception, c'est nous qui les portons», s'est enorgueilli le chef de l'Etat «Alors bien sûr, quand on est à la tête du navire et qu'il y a une vague un peu plus grosse que les autres, on est un peu mouillés», a-t-il admis. «Mais on pilote le navire».

Nicolas Sarkozy a également taclé PS et écologistes sur leurs critiques de son action. Il a ainsi accusé Martine Aubry de vouloir faire le jeu du FN en appelant à une régularisation massive des sans-papiers : «est ce que vous croyez que je n'ai pas compris la manoeuvre? De la même façon que le Parti socialiste dans les années 1980 a exploité le Front national pour gagner les élections, il s'agit à trois mois des élections régionales d'agiter le chiffon rouge», a expliqué le chef de l'Etat, pour qui «ce n'est pas une pratique qui honore ceux qui ont décidé de la prendre».

Autre attaque en règle, cette fois contre les écologistes : «Quand j'entends nos écologistes parfois dire qu'ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, est-ce qu'ils savent qu'il y a du chômage? est-ce qu'ils savent qu'il y a de la misère dans le monde? est-ce qu'ils savent qu'il y a près d'un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là?»

«Vous êtes une famille qui est à un niveau jamais égalé en France», a assuré le chef de l'Etat aux membres de l'UMP, alors que les sondages donnent une nette avance à la gauche pour le moment. «Vous allez partir à la rencontre des Français, c'est un privilège».

L'unité à tout prix

Avant le discours du chef de l'Etat, François Fillon et Xavier Bertrand avaient déjà évoqué cette stratégie d'union autour du bilan de la majorité. «Ne nous y trompons nous ne gagnerons pas les élections régionales en menant 22 campagnes, chacun dans son coin, chacun dans sa région», mais en assumant le «changement de la France depuis 2007», a expliqué le numéro un de l'UMP.

Pour le premier ministre, «la gauche va tenter d'instrumentaliser cette élection contre le président, le gouvernement et les réformes. Nous devons assumer notre bilan, nous devons assumer nos convictions, nous devons placer l'opposition devant la vacuité de ses propositions». Le premier ministre a averti : «Tout le monde devra se plier aux décisions prises (...) Il faudra mettre de côté les intérêts personnels et les sensibilités partisanes aussi légitimes soient-elles».

Le message, martelé par tous, est donc celui de l'unité derrière l'action et les réformes du chef de l'Etat et du gouvernement. Le slogan de l'UMP pour ces élections est le suivant : «La France change, ma région doit changer aussi».

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24Oct 2009

Une situation politique compliquée en France aujourd’hui

Le Président de la république Nicolas Sarkozy, se trouve aujourd’hui dans une situation proche de celle qu’à connu J Chirac en 1997, même si le contexte est un peu différent. Effectivement la situation est très similaire à celle de 1997.

Aujourd’hui au-delà de la crise économique nous ne pouvons pas ignorer qu’il y a crise politique. Cette crise politique se traduit par de multiples éléments : -une confiance en forte baisse dans l’exécutif -une majorité secouée -des couacs à répétition dans la majorité et en particulier à l’assemblée nationale

La réforme des institutions engagée a donné de nouveaux pouvoirs à l’assemblée nationale. L’assemblée nationale semble aujourd’hui se comporter comme un lobby. L’assemblée nationale dévouée et transformée en un lobby de représentants locaux. les 2/3 des députés assurent également d’autres mandats locaux (maire, président de conseils généraux, président de regroupement de communes,…) Comment dans ce contexte promouvoir et favoriser la réforme des collectivités, de la même manière comment réformer la taxe professionnelle pour laquelle tout le monde s’accorde qu’elle est injuste et totalement inadaptée aujourd’hui ? La dissolution avait permis à J Chirac de sortir de la crise très forte que le gouvernement traversait. Quelle solution va pouvoir envisager actuellement l’exécutif pris en otage par sa majorité parlementaire dirigée par un JF Copé prêt à tout pour exister et occuper le terrain de la présidentielle 2017 qui pourrait s’accélérer si l’exécutif se prenait trop les pieds dans le tapis (et en particulier Nicolas Sarkozy) ? La situation qui impliquerait que les forces politiques du pays (exécutif, gouvernement et parlementaires,..) se consacrent et se concentrent aux problèmes que les Français rencontrent semblent de plus en plus nous montrer la guerre de pouvoirs qu’ils se livrent. Sur fond d’ « affaire Clearstream » les égos s’expriment dans un combat de « clubs » et de « courants » au sein d’une Ump qui va avoir du mal à s’élargir tant que la ligne politique ne sera pas clairement retrouvée. Retrouver la morale et le bon sens « populaire » une priorité urgente pour notre parti. Effectivement aujourd’hui, se poser les questions des réformes c’est également se poser obligatoirement la question du cumul des mandats, du statut de l’élu sans quoi la politique restera un grand ballet médiatique plein de bonnes intentions et des jeux de petites phrases et de concours de dialectique qui ne change pas concrètement la vie quotidienne des Français qui en ont bien besoin paradoxalement.

18Oct 2009

Entretien de Nicolas Sarkozy, chef de l'Etat qui revient sur les polémiques récentes.

"ce n'est pas mon fils qui est visé, c'est moi !" (Le figaro, le 15/10/2009)

La majorité traverse une zone de turbulences. Que pensez-vous de cette détérioration du climat politique ? Il n'est pas interdit de prendre un peu de recul. Je suis aujourd'hui à mi-mandat. Je vous invite à comparer la situation politique dans laquelle nous nous trouvons avec celle de mes prédécesseurs au même moment. En 1967, deux ans après la réélection du général de Gaulle, la majorité de l'époque ne l'emporte que d'un siège aux législatives. L'année suivante, ce sont les événements de Mai 1968. Deux ans après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, en 1976, il rompt avec son premier ministre Jacques Chirac. Son septennat ne s'en remettra pas. En 1983, deux ans après l'élection de François Mitterrand, c'est le tournant de la rigueur, qui se solde par l'échec de la majorité socialiste, trois ans plus tard. Deux ans après l'élection de Jacques Chirac en 1995, c'est la désastreuse dissolution. Deux après son élection de 2002, 20 régions sur 22 sont perdues par la majorité. La situation de l'actuelle majorité est bien différente puisqu'elle vient de gagner les élections européennes. Le front social est apaisé malgré une crise économique sans précédent. Quant aux élections partielles qui sont traditionnellement mauvaises pour le gouvernement en place, nous en avons gagné l'immense majorité et notre candidat David Douillet a fait 45 % au premier tour dimanche dernier. J'en tire la conclusion qu'il ne faut pas confondre le climat du milieu médiatique, qui est par construction politisé et agité avec la réalité de la société française qui attend du gouvernement qu'il apporte des solutions concrètes aux problèmes des Français : le chômage, la sécurité, l'éducation de leurs enfants, le pouvoir d'achat.

Depuis trois jours la polémique monte, y compris au sein de la majorité, sur la future élection de votre fils Jean à la tête de l'Epad. Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de «népotisme» ? Il y a 45 conseillers généraux dans le département des Hauts-de-Seine, élus par le suffrage universel. Ils ont tous le droit de postuler à un poste d'administrateur à l'Epad. Sauf un ! Et pourquoi ne peut-il pas ? Parce qu'il est mon fils. La présidence de l'Epad, est un poste non rémunéré. Il ne s'agit donc pas d'une prébende. C'est une élection, il ne s'agit donc pas de népotisme. A travers cette polémique, qui est visé ? Ce n'est pas mon fils. C'est moi. Ceux qui ne se sont jamais faits à mon élection et qui n'ont rien à dire sur le fond essayent d'attaquer sur tous les sujets avec une mauvaise foi et une méchanceté qui ne trompera pas les Français.

Vous avez été élu sur un certain nombre de valeurs : le travail, le mérite, la République irréprochable. Votre fils n'est-il pas, à 23 ans, trop jeune pour accéder à cette responsabilité ? Y a-t-il un âge pour être compétent ? Je souhaite le rajeunissement de nos élites politiques qui ont bien vieilli. J'ai été le premier surpris lorsque Jean a voulu se lancer en politique. Mais il m'a impressionné par sa ténacité, il travaille énormément et fait face avec beaucoup de courage à la dureté et à la brutalité des attaques. J'ajoute qu'il faut avoir 21 ans pour être candidat à l'élection cantonale. Il a réussi. Une fois élu il n'a pas plus de droit qu'un autre mais pas moins non plus.

A vos yeux, l'affaire Frédéric Mitterrand est-elle désormais close ? Je suis président de la République. Je dois défendre certaines valeurs. Je ne laisserai donc personne assimiler homosexualité et pédophilie. C'est un retour au Moyen-Age qui fait honte à ceux qui ont employé cet argument. Quand je vois le porte-parole du PS, emboîter le pas à Marine Le Pen et avec quel enthousiasme ! Je me demande où sont passées les valeurs humanistes de ce grand parti républicain. Frédéric Mitterrand n'a jamais fait l'apologie du tourisme sexuel et il l'a même condamné en termes très forts. Il ne faut pas confondre confessions intimes avec prosélytisme. Le livre est intitulé La Mauvaise Vie, c'est assez clair.

Mais Frédéric Mitterrand n'en a-t-il pas trop fait ? Frédéric Mitterrand a reconnu que sa déclaration était une erreur et a dit qu'il la regrettait. Je ne saurais mieux dire. Je comprends que l'on soit choqué par la gravité des accusations contre Roman Polanski. Mais j'ajoute que ce n'est pas une bonne administration de la justice que de se prononcer 32 ans après les faits alors que l'intéressé a aujourd'hui 76 ans.

Depuis deux ans et demi on a tout dit sur vos relations avec François Fillon. Vous avez dit vous-même qu'à mi-mandat, la question d'un changement de premier ministre se poserait. Où en êtes-vous de votre réflexion ? Il est normal qu'on m'interroge sur mes relations avec le Premier ministre. C'est un grand classique de la vie politique depuis le début de la Ve République. François Fillon et moi nous travaillons main dans la main. Ni lui ni moi ne nous reconnaissons dans les commentaires qui sont faits sur nos relations. Il est partie prenante à toutes les décisions. J'ai confiance en lui. Nous sommes complémentaires. Pourquoi voudriez-vous que je prenne une initiative politique, voire politicienne, qui viendrait compliquer le travail de modernisation de la France qui est déjà bien assez complexe et sur lequel je ne céderai pas.

Regrettez-vous le forfait de plusieurs ministres pour les régionales de mars ? Un ministre, et un seul, a déclaré forfait, et je l'ai regretté. Il s'agit d'Hubert Falco. Brice Hortefeux et Roselyne Bachelot, je leur ai demandé de ne pas être tête de liste. J'ai souhaité que le ministre de l'Intérieur se consacre à 100 % à la politique de sécurité, je le dois aux Français. Je ne céderai pas un millimètre de terrain sur la question de la sécurité qui est ma priorité. J'ai en outre demandé à Brice Hortefeux de relancer avec beaucoup d'énergie la lutte contre la délinquance routière. Les assassins de la route seront réprimés avec une grande sévérité. Quant à Roselyne Bachelot, c'est une excellente ministre de la Santé et son engagement se devait d'être total face au risque de pandémie de grippe H1N1. Elle ne pouvait être candidate.

Souhaitez-vous poursuivre l'ouverture ? Autant il convient de se méfier de la cohabitation ou des coalitions, qui favorisent les manœuvres d'appareil et le système des partis, autant je crois plus que jamais à l'ouverture. Les ministres d'ouverture font un travail formidable. Ils démontrent chaque jour que les compétences et les talents n'appartiennent pas à un seul camp. Le sectarisme est un défaut rédhibitoire. Chaque jour j'essaye de demeurer ouvert aux idées comme aux autres c'est mon devoir.

«Je partage l'idée de Martin Hirsch de valoriser et de récompenser ceux qui font plus que leur devoir.» Que pensez-vous du débat sur «la cagnotte scolaire», qui choque à gauche comme à droite ? Je veux dire ma grande réticence à envisager une récompense financière pour les élèves qui renonceraient à l'absentéisme. Je ne peux accepter qu'on puisse récompenser des élèves simplement parce qu'ils vont à l'école. En revanche je partage l'idée de Martin Hirsch de valoriser et de récompenser ceux qui font plus que leur devoir. Le mérite doit être encouragé, le non respect de la règle doit être sanctionné. Jean-Pierre Raffarin propose une évolution vers un régime présidentiel avec raccourcissement à quatre ans du mandat présidentiel, suppression du droit de dissolution. Etes-vous d'accord avec cette idée ? Ici aussi le débat ne me choque pas mais quatre ans, ce serait une erreur car en réalité, il n'y aurait que deux années utiles, la première année étant consacrée à l'installation et la quatrième à la campagne. Par ailleurs, je ne suis pas favorable à la suppression du poste de Premier ministre. On n'est pas trop de deux pour assumer la responsabilité d'un pays de 65 millions d'habitants. Quant à la suppression du droit de dissolution, ce serait tourner le dos à la Ve République.

Regrettez-vous d'avoir commenté l'affaire Clearstream et l'emploi du mot «coupables», lors de votre dernière interview télévisée ? Ce que je voulais, c'est que la vérité éclate. Elle est en train d'éclater. Le mieux à faire est de laisser se dérouler ce procès, de faire confiance à la justice et de s'abstenir de tout commentaire. J'aurais été mieux inspiré de le faire dès le début.

Faut-il durcir la loi sur les multirécidivistes ? Il est profondément anormal qu'on laisse sortir de prison des malades sans leur imposer des règles très strictes au premier rang desquels un traitement médical. J'ai demandé que passe au Parlement, dès le mois de novembre, le texte sur les délinquants sexuels. Un criminel sexuel ne devra sortir de prison qu'après exécution de sa peine, c'est bien le moins, et après s'être engagé à suivre un traitement chimique qui contiendra sa libido.

La fermeture de la jungle de Calais a été difficile. Que vous inspire l'évolution des questions d'immigration en France ? Eric Besson a eu raison d'être déterminé. Cette situation de non droit était intolérable. Il nous reste encore une question à traiter, celle des deux ordres de juridiction administrative et judiciaire - qui ont à se prononcer sur la rétention des étrangers en situation irrégulière. A mes yeux, il n'en faut qu'un. Et s'il faut une réforme de la Constitution pour cela, nous la ferons.

Vous êtes à mi-mandat. Serez-vous à nouveau candidat en 2012 ? C'est une question qui se posera dans le courant de l'année 2011 pas avant. Je veux faire de mon mandat cinq années utiles pour la France. J'ai à mes côtés un très bon premier ministre, un gouvernement qui fait preuve d'une grande solidarité et un parti majoritaire qui a atteint un niveau que nous n'aurions jamais imaginé, alors qu'autrefois on regardait la CDU allemande comme un géant. Je suis déterminé à me battre contre toutes les forces de l'immobilisme et de la réaction. Je veux une France compétitive, juste, moderne, de plain pied dans le XXI ème siècle. Pour la suite, en conscience, je ne suis pas encore prêt à répondre. Et croyez bien que cette réponse est sincère.

L'économie montre quelques signes encourageants. Sommes-nous en train de sortir de la crise ? L'année dernière à la même époque, on nous prophétisait la violence dans les banlieues, l'explosion sociale et la paralysie Outre-mer. Un an après ? La France doit revoir ses prévisions de croissance à la hausse parce qu'elles étaient trop pessimistes. La France est, de tous les pays industrialisés, celui qui a le moins souffert de la crise. Nous aurons cette année une récession de l'ordre de 2 % alors que nous avions prévu 3 % et les signes de reprise sont plus marqués que partout ailleurs en Europe, comme en témoigne la hausse de 1,8 % de la production industrielle au mois d'août. Le gouvernement a géré au mieux cette crise sans précédent. Nous avons mis en œuvre un plan bancaire, un plan auto, un plan de relance qui ont été imités dans le monde entier… Cette stratégie porte ses fruits : les résultats sont là mais on ne sera sorti de la crise que quand le chômage diminuera.

Mais les déficits se creusent et la dette s'envole dans des proportions dangereuses… D'abord, avec un déficit de 8,2 % du PIB en 2009, la France fera mieux en valeur relative que les autres pays. Ensuite, ceux qui crient le plus fort sont ceux qui ont laissé déraper les déficits pendant des années et qui, curieux paradoxe, critiquaient notre plan de relance jugé trop timide. Avec la crise, la France a perdu 57 milliards d'euros de recettes, ce qui explique la dégradation des comptes publics. Nous sommes maintenant sortis de la dépression, mais si l'on relâche nos efforts, l'économie risque de rechuter et la situation des comptes sera pire. Le G20 a d'ailleurs été unanime sur ce point : il faut soutenir la croissance. Voici la priorité. C'est ainsi que nous combattrons les déficits. Par ailleurs nous continuerons de réduire les dépenses publiques courantes. Je rappelle que nous avons diminué de 100 000 le nombre de fonctionnaires, dont le coût représente près de la moitié du budget de la France. Alors que la France avait créé un million d'emplois publics depuis 1992. Qui pourrait imaginer qu'on puisse continuer ainsi ?

Même en cas de retour de la croissance, la France ne devra-t-elle pas, tôt ou tard, se résoudre à augmenter les impôts pour combler ses déficits ? Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai donc pas. Nous avons fait ce choix déterminé pour rompre avec une politique menée depuis vingt ans et qui a conduit à détruire des emplois en handicapant la compétitivité de notre économie. Je ne toucherai pas au bouclier fiscal car je crois au principe selon lequel on ne peut prendre à quelqu'un plus de la moitié de ce qu'il gagne. Si on laisse passer une exception, comme par exemple la CSG, ce n'est plus un bouclier. S'agissant des niches fiscales, nous verrons au cas par cas. Certaines peuvent être modifiées. Dans l'immobilier, par exemple, il n'y aura plus d'avantage fiscal si l'immeuble concerné n'est pas labellisé basse consommation.

Une majorité de Français continue de s'inquiéter de l'instauration de la taxe carbone… Les Français ont compris que l'environnement pèse sur la santé publique, c'est donc une priorité pour notre avenir. Il y a urgence à agir pour modifier nos comportements : produire propre et consommer propre. Cette taxe sera intégralement remboursée aux ménages à l'euro près dès février prochain. Pourquoi la France sera-t-elle écoutée à Copenhague ? Parce qu'elle a été à l'initiative. Nous allons entraîner le monde entier à prendre des engagements pour protéger l'avenir de la planète. Par ailleurs, nous obtiendrons la taxe carbone aux frontières de l'Europe. Ainsi, enfin, les importations financeront notre modèle social.

La suppression de la taxe professionnelle suscite un tollé dans les collectivités locales, qui craignent de perdre des ressources financières… La taxe professionnelle était dénoncée de toutes parts comme un «impôt imbécile», qui taxait les investissements des entreprises. Cela a conduit à des délocalisations désastreuses, qui ont ravagé nos régions. La France doit rester une terre de production et d'industrie. Nous devons garder, préserver, défendre nos emplois. Pour cela, il faut supprimer la taxe professionnelle qui n'existe nulle part ailleurs en Europe. C'est une réforme difficile, qui suscite des inquiétudes dans les collectivités, mais elle est nécessaire. Une négociation s'est engagée avec les élus et je suis sûr que nous allons trouver des solutions. Mais, au même titre que l'Etat diminue ses effectifs, il va falloir que les collectivités corrigent des mauvaises habitudes : l'an dernier, leurs effectifs ont augmenté de 36 000 personnes, alors qu'aucun domaine de compétence nouveau ne leur a été transféré.

Le déficit de la Sécurité sociale atteindra 30 milliards d'euros l'an prochain. Comment le résorber ? Ce déficit est imputable pour les trois quarts à la baisse conjoncturelle des recettes liées à la crise, la réponse est donc dans le retour de la croissance. Par ailleurs, nous avons pris des mesures d'économies supplémentaires comme la hausse du forfait hospitalier de 16 à 18 euros. Je note que la plupart de ces mesures ont été proposées au gouvernement par les conseils des caisses gérant les différents régimes c'est-à-dire les partenaires sociaux. Ainsi, ils font preuve d'un grand sens des responsabilités.

Allez-vous modifier le régime des retraites comme vous l'aviez promis ? Seriez-vous prêt à revenir sur la retraite à 60 ans ? Nous ouvrirons le débat sans aucun tabou, je dis bien sans aucun tabou. Il sera lancé en 2010 et nous prendrons les décisions à la fin 2010. Je ne souhaite pas prendre position avant ce grand rendez-vous, où chacun s'exprimera sans aucune idée préconçue. Mais je dis aux Français que je n'éluderai pas mes responsabilités. Je garantirai la pérennité de notre modèle social.

Pourquoi ne pas privatiser, comme s'apprête à le faire la Grande-Bretagne ? Puisque vous parlez de la Grande-Bretagne, vous noterez que son budget était excédentaire lorsque j'ai été élu, alors que le nôtre était en déficit d'un peu moins de 3 % du PIB ; elle est aujourd'hui dans le rouge à plus de 10 % et nous de 8 %. Nous n'avons donc pas à rougir de notre situation. Nous ne nous interdisons rien en matière de privatisation, mais ce n'est pas à l'ordre du jour et ce ne serait par exemple certainement pas le meilleur moment pour vendre une partie de nos actions dans Renault…

Sur les banques, vous avez été particulièrement dur ces derniers mois. Etes-vous aujourd'hui satisfait de leur comportement ? Les banques ont répondu à nos attentes et deviennent exemplaires. Elles ferment leurs filiales dans les paradis fiscaux et le dispositif retenu par la France pour encadrer les bonus des traders s'est imposé au reste du monde lors du G20. L'aide que leur a fournie l'Etat a été profitable pour les contribuables. Les banques auront à la fin du mois remboursé 13 milliards sur les 20 que nous avions engagés. Au jour d'aujourd'hui cela a rapporté au budget de l'État 716 millions d'euros. Comme elle semble dépassée la polémique sur l'argent prétendu donné aux banques !

Qu'attendez-vous du grand emprunt ? Un pays en crise a tendance à se replier sur lui-même. La France, qui sacrifie depuis trop longtemps l'investissement au profit des dépenses de fonctionnement, a besoin de projets porteurs d'avenir. Il nous faut avoir les meilleures universités du monde : encore faut-il leur donner les fonds propres nécessaires pour attirer les meilleurs. Même chose pour les PME. Seulement 400 indépendantes sont exportatrices, faute de fonds propres suffisants. Il faut impérativement y remédier. Par ailleurs, pourquoi ne pas mettre en œuvre un grand programme sur les énergies renouvelables, à l'image de celui qui a fait le succès du nucléaire français ? Pourquoi ne pas lancer un grand programme de recherche sur la dégénérescence des cellules, à l'origine de maladies comme le cancer, le sida ou Alzheimer, en associant public et privé ? Pourquoi, alors que les Chinois préparent des concurrents d'Airbus, ne pas travailler sur l'avion du futur ? C'est tout l'objet des réflexions autour de cet emprunt et j'attends beaucoup des travaux de la Commission Juppé-Rocard.

Quelles seront les modalités de l'emprunt ? Ferez-vous appel aux particuliers ? Les modalités sont secondaires. Seuls comptera l'utilisation que nous en ferons pour préparer l'avenir.

Quelles réponses apportées après les vingt-cinq suicides qu'a connus France Télécom depuis deux ans ? Il ne faut pas exploiter ces drames humains douloureux. Mais ils viennent rappeler que le travail des salariés doit être placé au-dessus du reste. Ils doivent évoluer dans un environnement de qualité et recueillir le fruit de leurs efforts à travers le salaire, l'intéressement et la participation. Trop longtemps, la vie des entreprises a tourné autour du cours de Bourse et du court terme, au détriment des conditions de travail et des relations sociales. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu en finir avec les bonus excessifs des traders. Des salariés heureux au travail sont un élément de la compétitivité d'une entreprise. On a trop privilégié dans certaines entreprises l'avis des analystes financiers et ainsi on a oublié la qualité des relations sociales. La moralisation du capitalisme doit nous amener à changer cette détestable habitude.

Les agriculteurs organisent une grande manifestation ce-jour, en raison de la baisse de leur revenu ? Quelles réponses comptez-vous apporter aux difficultés répétées que traverse ce secteur ? L'agriculture et la ruralité sont deux éléments de notre identité nationale. A ce titre ils doivent être au cœur des préoccupations du Chef de l'État. J'ajoute que l'agriculture est un élément décisif de notre compétitivité économique. Je n'accepterai jamais que l'agriculture française, comme européenne, soit sacrifiée sur l'autel d'une mondialisation anarchique. On a vu où a failli nous conduire la dérégulation de la finance. Il nous faut porter une nouvelle régulation agricole qui considérera les agriculteurs comme des entrepreneurs, qui ne craindra pas la préférence communautaire et qui assurera la sécurité alimentaire des consommateurs européens, et qui enfin garantira aux agriculteurs un juste prix de leur travail. La France sera au premier rang de ce combat. Avant la fin du mois, je prendrai des initiatives fortes sur l'ensemble de ces sujets.

Les Etats-Unis s'apprêtent à envoyer 13 000 hommes supplémentaires en Afghanistan. La France doit-elle aussi renforcer son contingent sur place ? Faut-il rester en Afghanistan ? Je réponds oui. Et rester pour gagner. Pas contre l'Afghanistan, mais pour l'Afghanistan. Si nous partons, c'est le Pakistan, puissance nucléaire, qui sera menacé. Mais la France n'enverra pas un soldat de plus. Ma conviction, c'est qu'il faut davantage de soldats afghans. Ce sont eux qui seront les plus efficaces pour gagner cette guerre, parce que c'est leur pays. Mais il faut les payer davantage afin d'éviter des désertions au bénéfice des Talibans.

Si l'Iran n'accepte pas de coopérer avec l'AIEA avant la date limite de décembre que vous avez fixée, quelles sanctions faudra-t-il prendre ? Attendons les contrôles de l'AIEA. L'Iran et ses dirigeants sont maintenant au pied du mur. Ce serait une bonne nouvelle qu'ils laissent ces contrôles s'effectuer jusqu'au bout. Sinon, ils auraient à en assumer toutes les conséquences. Et je me félicite en ce sens des déclarations récentes du président russe Medvedev.

Comment jugez-vous le refus du président tchèque Vaclav Klaus de signer le traité de Lisbonne ? Ce refus est d'autant plus inadmissible que le Parlement tchèque a voté en faveur du traité et que le gouvernement tchèque est favorable à sa ratification. Mais le président tchèque ne pourra pas jouer sur les deux tableaux. L'heure du choix arrive pour lui et il ne sera pas sans conséquence. En tout état de cause, cette question sera réglée à la fin de l'année.

Une fois Lisbonne ratifié, Tony Blair peut-il être un bon candidat à la présidence de l'Union européenne ? Il est trop tôt pour le dire. Il y aura un débat. Nous sommes en présence de deux thèses : faut-il un président fort et charismatique ou un président qui facilite la recherche du consensus et qui organise le travail ? Personnellement, je crois en une Europe forte politiquement et incarnée. Mais le fait que la Grande-Bretagne ne soit pas dans l'euro reste un problème.

05Oct 2009

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé ce lundi des aides nouvelles pour consolider les fonds propres des PME et des entreprises de taille intermédiaire fragilisées par la crise, pour un montant global de 2 milliards d'euros

Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de 2 milliards d'euros pour encourager l'investissement dans les petites et moyennes entreprises (PME) françaises. "Nous allons mettre 2 milliards d'euros à la disposition des PME et des entreprises intermédiaires pour renforcer leurs fonds propres", a déclaré le chef de l'Etat devant plus de 2.000 patrons, en ouverture du forum "Agir pour le développement des entreprises" organisé à Paris par leur syndicat, la CGPME.

Ces sommes alimenteront une gamme de produits qui seront gérés pour moitié par le Fonds d'investissement stratégique (FSI) et pour moitié par l'établissement de financement public Oseo, a-t-il précisé. Le FSI abondera ainsi à hauteur de 100 millions d'euros un nouveau fonds de consolidation des entreprises pour les PME les plus fragilisées par la crise.

Pour les PME a fort potentiel de croissance, le FSI réservera une ligne d'investissement direct de 300 millions d'euros, qui pourra être complétée, le cas échéant. Le FSI injectera d'autre part 300 millions d'euros dans les fonds régionaux de capital risque et consacrera 300 autres millions au financement de quasi fonds propres sous forme d'obligations convertibles.

Oseo mobilisera pour sa part 1 milliard d'euros sous la forme de prêts participatifs - des prêts de longue durée, sans garantie, à remboursement différé.

Nicolas Sarkozy a également annoncé la prolongation de l'exonération de charges patronales dans les entreprises de moins de dix salariés, mesure dont ont bénéficié, selon lui, jusqu'ici, 500.000 embauches.

"Tous les recrutements des entreprises de moins de dix salariés réalisés pendant le premier semestre 2010 seront exonérés de la totalité des charges patronales pendant un an", a précisé le chef de l'Etat.

03Oct 2009

Sarkozy ne renonce pas à bousculer son camp

02/10/2009 | 14:15 | Taxe carbone, RSA jeunes, poursuite de la politique d'ouverture : la droite tiraille, la majorité criaille, mais Nicolas Sarkozy n'a aucune intention de modifier sa stratégie à quelques mois des élections régionales. Ce n'est pas notre sondage qui va le faire changer d'avis... Il est visiblement plus facile de faire accepter aux dirigeants internationaux des décisions sur l'Iran ou les bonus des traders lors du G20 de Pittsburgh que de convaincre ses propres amis de la majorité présidentielle de la nécessité d'un plan jeunes, de la poursuite de l'ouverture et de concessions à la mode écologique ambiante !

C'est le constat que ne peut manquer de faire Nicolas Sarkozy quand il entend les parlementaires de l'UMP se plaindre de plus en plus ouvertement des décisions de l'Elysée.

Le plan jeunes lancé mardi à Avignon avec la création d'un RSA (revenu de solidarité active) pour les moins de 25 ans ? Les élus de droite redoutent une politique d'assistanat qui n'a jamais correspondu à leurs valeurs.

L'augmentation du forfait hospitalier, la création de la taxe carbone, la possibilité de fiscaliser les indemnités journalières pour accident du travail ? A quelques mois des élections régionales, nombreux sont les responsables de la majorité qui s'inquiètent d'un alourdissement des charges sur les électeurs.

Mais le plus difficile à accepter reste encore la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy et son tournant écologique. La nomination ce mercredi du socialiste rocardien Claude Evin au poste de directeur de l'Agence de santé pour l'Ile-de-France montre que le chef de l'Etat est décidé à poursuivre l'ouverture à gauche. De même qu'il n'a pas l'intention de renoncer à « verdir » sa politique, surtout à quelques mois du sommet de Copenhague sur le climat, qu'il estime crucial.

Face aux réticences de ses troupes, l'Elysée maintient le cap contre vents et marées. Nicolas Sarkozy s'appuie sur l'évolution de l'opinion, qu'il juge favorable, pour continuer sa route. A cet égard, le pari de la taxe carbone pourrait s'avérer payant pour le chef de l'Etat. A ceux qui, dans son camp, doutaient de l'opportunité de créer cette taxe supplémentaire en période de crise et à quelques mois des élections régionales, Nicolas Sarkozy peut leur opposer les résultats d'études montrant une progression de la compréhension par les Français de la nécessité d'une telle contribution. Selon l'Elysée, «les arguments passent auprès des Français», notamment sur les aspects de préparation de l'avenir et de santé publique.

Dans le même ordre d'idée, le baromètre TNS Sofres-Logica pour Le Figaro Magazine du mois d'octobre montre que le chef de l'Etat n'est pas pénalisé par les décisions concernant la création de la taxe carbone ni par les éclaboussures de l'affaire Clearstream. La cote d'avenir de Nicolas Sarkozy est stable (voir notre graphique) quand celle de son Premier ministre, François Fillon, affiche une baisse sensible, à l'instar d'une partie de ses ministres. «Les Français ont vu qu'aux Etats-Unis Nicolas Sarkozy tenait son rang», estime un de ses conseillers qui veut croire que l'intervention télévisée du 23 septembre lui a permis de montrer le lien entre les réunions internationales et les préoccupations nationales.

Sarkozy veut valoriser les résultats du G20

La question, comme toujours pour Nicolas Sarkozy, est de gagner la bataille de la communication. Et là, le chef de l'Etat n'est pas loin de considérer que les médias français n'ont pas assez insisté sur la réussite de sa semaine américaine. «Il y en a ras-le-bol de ces commentateurs qui disent partout que l'émission était ratée», s'est-il plaint lundi. Il préfère s'appuyer sur les chiffres d'audience (plus de 12 millions de téléspectateurs) de TF1 et de France 2 pour son entretien avec David Pujadas et Laurence Ferrari. Et, surtout, sur le sondage CSA paru dans Le Parisien: 57 % de ceux qui ont vu l'entretien l'ont trouvé «convaincant».

Il a donc demandé lundi matin à ses troupes de valoriser les résultats du G20 de Pittsburgh. «Présider le G8 et le G20 en 2011, pour la France, c'est extraordinaire. C'est au-delà de ce qu'on pouvait imaginer», s'est félicité le chef de l'Etat devant les responsables de l'UMP. Dès mardi, Xavier Bertrand, le secrétaire général du parti, devait relayer cette demande présidentielle auprès du bureau exécutif : «Il faut porter cette parole: le volontarisme politique, ça compte.»

L'UMP va donc éditer un document à près d'un million d'exemplaires pour expliquer à nouveau le processus de la taxe carbone. En parallèle, Xavier Bertrand a demandé à Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, de préparer un dossier sur les différences entre l'écologie de droite et l'écologie de gauche. La percée des Verts dans les Yvelines dimanche dernier a confirmé Nicolas Sarkozy dans sa stratégie de mettre en avant le combat UMP-Verts sur cette thématique porteuse de l'écologie. Devant ses conseillers, le Président a insisté sur ce qui pourrait devenir un des axes de la campagne des élections régionales de mars prochain : les dirigeants Verts n'ont pas la même notion de l'écologie que l'UMP. Les premiers prônent la décroissance quand le parti majoritaire mise sur une «écologie de la croissance durable». Une argumentation qui permet, en période de crise, de capter les valeurs écologiques à la mode tout en conservant les valeurs traditionnelles de la droite sur le travail. Mais un exercice délicat qui peut aussi renforcer les Verts et démobiliser un électorat UMP déboussolé par la nouvelle stratégie du Président.

Persuadé d'avoir raison contre les grincheux et les frileux de son camp, Nicolas Sarkozy n'a aucune intention de modifier cette stratégie. En parallèle de la bataille classique face au PS, qui portera sur la fiscalité locale et la réforme des collectivités locales, le troisième axe de campagne de l'UMP portera sur le thème du changement, avec ce qui pourrait préfigurer le futur slogan : « La France change, les Régions doivent changer. » Car, à l'Elysée, on estime que le plus important, peut-être, sera pour les candidats, ministres ou pas, de s'appuyer sur le Président. Tirant les conclusions de la législative partielle des Yvelines de dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a jugé que si le successeur de Christine Boutin n'était pas passé loin de la défaite (élu avec 5 voix d'avance !), c'est d'abord parce qu'il n'avait pas affiché clairement son soutien à sa politique. Le chef de l'Etat reste persuadé qu'un entre-deux est la meilleure façon de démobiliser l'électorat de droite et que, pour gagner les prochaines régionales, les listes UMP-Nouveau Centre devront affirmer leur proximité avec lui. (Source le Figaro)

01Oct 2009

Réformes des collectivités, l'UMP très attendue sur ce sujet !

Il existe une énorme attente sur la réforme des collectivités qui dans l’esprit de nos concitoyens implique aussi une réforme concernant le cumul des mandats et le statut de l’élu. J’ai été personnellement surpris en discutant dans mon entourage et au-delà. Cette attente dépasse le clivage gauche/droite traditionnel. Cette réforme semble impliquer une réflexion sur le cumul des mandats (local, national) c’est ce qu’il ressort souvent des échanges. Suite à de nombreux échanges à ce sujet avec des cadres territoriaux, élus et militants voici quelques propositions de réflexions à ce sujet.

Il apparaît que cette réforme doit s'accompagner d'une réforme du statut de l'élu et du cumul des mandats. Il est surprenant que la "conviction" des élus soit fonction de l'autorisation où non de cumuler les fonctions de Ministre et de Président de Région comme nous avons pu le voir dernièrement.

Suivons l'exemple Présidentiel qui peut être le modèle institutionnel pour tous les élus : 2 mandats consécutifs maximum et de la même manière plus de cumul national avec local. C'est ce cumul qui pour 2/3 des députés (député-maire) freine aujourd'hui les réformes de structures. Que le gouvernement autorise les cumuls des fonctions nationales et européennes (même logique) et les fonctions locales, départementales et régionales.

Il y a une logique locale, régionale et départementale en termes d'aménagement du territoire et de représentativité.

Il y a une seconde logique nationale et européenne, j'aurai proposé un député encapsulant compétence nationale et européenne. Beaucoup plus logique et performant.

Le maire pourrait cumuler avec conseil général et régional, le député avec député européen. Limitons aussi le nombre de structures : mairie, sictom, sivom, pays, agglo, communautés de communes, départements, région, EPIC, instituts, agences régionales et agences gouvernementales,... L’idée même de co-production à l'assemblée nationale en est le parfait exemple, les élus locaux veulent faire pression sur l'exécutif pour bloquer telle ou telle réforme.

C'est inacceptable et c'est un détournement du mode de fonctionnement de nos institutions (executif, legislatif).

Un vrai sujet où nous sommes attendus !

27Sep 2009

Le Premier ministre, François Fillon, annonce, en avant-première, les grandes mesures du prochain budget de l'Etat, qu'il présente mercredi.

Quel bilan tirez-vous du G20? C’est un succès français, car c’est le Président de la République qui s’est battu le premier pour obtenir une meilleure gouvernance mondiale. L’institutionnalisation du G20, dont la France aura la présidence en 2011, va faire progresser une prise en charge collective des enjeux mondiaux.

Mais cela reste des proclamations lointaines. A quel moment cette gouvernance deviendra-t-elle concrète? Quand on verra que cette nouvelle gouvernance nous met à l’abri d’une nouvelle crise.

Sommes nous en train de sortir de la crise? C’est tout l’enjeu des mois à venir. Depuis l’été, il y a une reprise significative de la croissance aux Etats-Unis et en Asie. Et une reprise modeste en France et en Allemagne. Nous pensions avoir une décroissance de 3 % en 2009, la France fera sans doute -2, 25 %. C’est une récession beaucoup moins forte que prévu! On sent donc une reprise économique mondiale. La difficulté est de l’accompagner et d’en renforcer l’ampleur. C’est tout l’objectif de notre budget. Nous tablons sur une croissance de 0,75 %. Le consensus des experts est plus optimiste, mais j’ai préféré garder un objectif prudent. "Le budget 2009 avait été celui de la relance au prix d'un déficit très lourd. 2010 sera le budget de la reprise"

Pour vous laisser des marges de manœuvres? Pas seulement. Je préfère, avec le Président de la République, réévaluer si nécessaire plutôt que de pêcher par excès d’optimisme. Je suis très attaché à la crédibilité gouvernementale. Pour moi, le rétablissement de la confiance passe par le respect des engagements pris. En outre, proclamer trop vite le retour de la croissance pourrait être indécent dans un pays marqué par le chômage. Il va continuer à augmenter au premier semestre 2010, même si son rythme ralentit. L’économie française recommencera à créer des emplois quand elle s’approchera des 2 % de croissance. J’espère que nous serons sur cette trajectoire courant 2010.

Quelle est la tonalité de ce budget? Volontariste et vert ! Nous l’avons conçu pour cela avec Eric Woerth et Christine Lagarde. 2009 avait été le budget de la relance au prix d’un déficit très lourd de l’Etat, puisqu’il atteindra 140 milliards, tous comptes publics confondus, soit 8,2 % du PIB. 2010 sera le budget de la reprise. Nous allons d’abord prolonger les mesures de soutien à l’économie : le doublement du prêt à taux zéro ; l’exonération de charges sociales pour les très petites entreprises qui embauchent ; le remboursement anticipé du crédit impôt-recherche (2,5 milliards d’euros). Nous poursuivrons la prime à la casse pour les automobiles, même si nous en réduisons progressivement le montant : elle passera de 1000 euros à 700 au 1er janvier puis 500 au 1er juillet. Et pour préparer le retour à la croissance, nous supprimons la taxe professionnelle. Cela fera bénéficier les entreprises de 6 milliards d’exonérations, d’un seul coup. Et même 12 milliards en 2010 grâce à l’effet de trésorerie.

Quel gain concret pour l’économie? La réforme de la Taxe Professionnelle, c’est 0,7 point de PIB transférés au service de l’investissement et de l’emploi. Ce sera un choc de compétitivité. J’ajoute qu’il y aura des mesures spécifiques pour les quelques entreprises qui risqueraient de payer plus : aucune entreprise ne connaitra d’augmentation supérieure à 10 % de ce qu’elle payait (ou de plus de 500 euros).

Vous parlez d’un budget vert… C’est d’abord la création de la taxe anti-carbone : je préfère l’appeler ainsi, pour rappeler son objectif. Les Français vont toucher dès février la restitution de ce qu’ils auront commencé à payer le 1er janvier. Ensuite, le taux de déduction des intérêts d’emprunt pour l’acquisition de résidence principale (25 %) sera réservé à des logements bénéficiant de certification « verte » ; pour les autres, la déduction sera limitée à 20 %. De même pour le dispositif « Sellier » – l’achat de logement destinés à la location – qui va être réorienté vers les logements à bilan carbone positif. Enfin le bonus-malus auto qui a connu un grand succès sera rééquilibré. Nous abaissons légèrement le niveau de bonus (de 700 à 500 et de 200 à 100), tout en gardant un système très incitatif.

Mais la taxe carbone n’est toujours pas comprise? Que les Français n’aiment pas la création d’une nouvelle taxe, c’est compréhensible. Mais quand nous aurons montré que la compensation est intégrale, cette mesure sera acceptée comme un outil efficace au service de l’environnement. Nous allons mettre en place une commission de suivi de la taxe carbone et de ses effets. Elle mesurera son efficacité. Nous allons aussi créer des outils sur internet qui permettront à chacun de faire son propre bilan carbone.

Vous continuez la chasse aux fameuses "niches fiscales"? Aucun revenu – du travail, du capital ou de remplacement – ne doit échapper à l’impôt, ni aux contributions sociales. Après l’augmentation de la fiscalité sur les stock-options, nous allons maintenant taxer plus fortement les retraites chapeaux, dans un souci d’équité. Et, dans le même souci d’équité, les plus-values mobilières seront soumises à cotisations sociales dès le premier euro.

Une mesure fait polémique dans l’opinion, la fiscalisation des indemnités journalières en cas d’accident du travail? Cette mesure, qui ne figure pas dans le projet de budget, a été proposée par le président du groupe UMP, Jean-François Copé. Le gouvernement en comprend l’esprit : pourquoi des indemnités de maternité seraient fiscalisées et pas des indemnités d’accident du travail ? Pourquoi les fonctionnaires victimes d’un accident de travail paieraient-ils des impôts et pas les salariés du privé ? "Que le PS conteste la taxe carbone est incroyable. Mais ce parti n'a plus d'imagination, ni de cap"

Oui mais dans le privé, tout le monde n’est pas indemnisé à 100 %… C’est vrai et cela peut poser un problème d’équité. Le gouvernement examinera avec le Parlement toutes les options.

Autre mesure controversée : l’augmentation du forfait hospitalier… Ce forfait aurait du augmenter plus régulièrement en fonction du coût de la vie. Il passera de 16 à 18 euros. Il faut continuer les économies sur les dépenses de santé. Nous ne pouvons accepter que la santé des Français d’aujourd’hui soit financée par les Français de demain. Cette idée m’est insupportable. Nous prendrons donc des mesures d’économies proposées par l’assurance-maladie comme le déremboursement de médicaments non indispensables. Afin de ne pas augmenter les cotisations en 2010. J’en prends l’engagement.

Votre budget est infaisable en période de crise… Mais si ! Le budget de l’Etat n’augmentera pas en volume en 2010. Le déficit de l’Etat sera réduit de 140 milliards en 2009 à environ 115 milliards en 2010. Nous poursuivons la réduction des emplois publics par le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, soit une baisse de 33 000 emplois. Le déficit de l’Etat sera réduit. Mais avec une reprise insuffisante de la croissance, les déficits sociaux vont continuer à augmenter. Nous ne pourrons donc l’an prochain faire mieux que de stabiliser les déficits globaux (comptes publics et comptes sociaux). Mais en 2010, nous ferons voter une loi pluriannuelle qui planifiera une baisse de la dépense publique sur plusieurs années.

Vous choisissez toujours les cohérences budgétaires contre le social. Non. Les mesures de lutte contre le chômage vont être reconduites et amplifiées : le dispositif de chômage partiel va être porté à 1000 heures ; le contrat de transition professionnelle sera étendu à de nouveaux bassins d’emplois, le budget 2010 prévoit qu’1,4 milliard sera apporté au Fonds d’investissement social. Et nous consacrons 1,3 milliard pour continuer à soutenir l’alternance. Je crois, et j’ai une expérience assez longue des questions sociales, que l’on n’a jamais eu autant d’instruments de lutte contre le chômage. Notre système social a fait la preuve de sa capacité à amortir la crise et à soutenir la consommation. Mais nous devons sans cesse réexaminer son fonctionnement pour contenir ses coûts. Si nous étions dans une démocratie apaisée, l’opposition saluerait ce que nous faisons.

Nous ne sommes pas dans une démocratie apaisée? Je ne crois pas qu’il existe un autre pays européen où l’opposition ose s’opposer à des mesures qu’elle a elle-même demandées. Que le PS conteste la taxe carbone, par exemple, est incroyable. Mais ce parti n’a plus d’imagination, ni de cap.

Vous intégrez le plan jeune de Martin Hirsch dans votre budget? Il sera intégré dans le budget 2010. Nous discutons encore des modalités de financement. Mardi, le Président présentera notre plan pour la jeunesse.

Le conseil d’administration d’EDF se réunit ce soir. Quel mandat auront les représentants de l’Etat? EDF doit avoir trois objectifs principaux : une plus grande efficacité de son dispositif nucléaire, améliorer son offre au consommateur et mettre en cohérence son dispositif international. Pour cette nouvelle étape, nous avons estimé nécessaire de renouveler le management de l’entreprise même si je tiens à rendre hommage à Pierre Gadonneix qui a accompagné la transformation d’EDF avec succès et sans heurts. Nous avons donc défini le profil idéal : un industriel ayant dirigé un grand groupe. Vous voyez, ce n’est pas un critère politique. "Nous poursuivons la réduction des emplois publics. Il y en aura 33 000 en 2010"

... et le vainqueur est Henri Proglio, le patron de Veolia. Il y a des formes et des temps à respecter, c’est la condition même d’une bonne gouvernance. Un nom sera proposé par le conseil d’administration ; sans même attendre l’adoption de la loi organique qui en fera l’obligation, nous avons souhaité, avec le Président, que cette personne soit auditionnée par le Parlement. Ce président sera choisi sur un critère de compétences.

Vous imaginez que le Parlement puisse récuser votre choix? L’audition par une commission parlementaire n’est pas une formalité. Désormais, le gouvernement est obligé de tenir compte de l’avis des parlementaires. Nous devons rechercher le consensus.

Vous allez avoir du travail sur le plan Hirsch ! A droite, beaucoup y voient une idée importée par un homme de gauche, contraire à vos valeurs… Les mesures du plan Hirsch figuraient pour partie dans le projet présidentiel. Je suis convaincu que les parlementaires les examineront avec intérêt, pour peu qu’elles soient présentées et financées raisonnablement. Je suis résolument en faveur de l’ouverture. C’est un enrichissement permanent pour nous. Désormais, le débat se passe à l’intérieur de la majorité, plus seulement entre la droite et la gauche.

Etes-vous inquiet par la tournure que prend le procès Clearstream? Dans cette affaire compliquée, essayons de garder quelques idées claires. Il y a une victime principale, le Président de la République. Et on ne doit pas transformer les victimes en coupables. Si ce qui est reproché se vérifie, cela signifie que des fautes graves ont été commises. Laissons les débats se dérouler dans le prétoire. (source JDD)

26Sep 2009

Changer le système financier Mondial, c'est possible d'après Nicolas Sarkozy !

Le G20 a transcendé les écarts sur la régulation, juge Sarkozy

Chantre de la régulation du système financier, Nicolas Sarkozy estime que le sommet de Pittsburgh a permis de transcender les approches traditionnelles des Anglo-saxons et des Européens sur le sujet même s'il n'a pas obtenu tout ce qu'il était venu chercher.

Le président français n'a pas hésité à saluer vendredi "un changement complet de compréhension des choses" à propos des décisions prises dans l'ancienne capitale américaine de l'acier.

"Il n'y a plus d'un côté le monde anglo-saxon et l'Europe, il y a des dirigeants qui, dans le cadre de la mondialisation, sont confrontés au même phénomène de spéculation, de prise de risques et de rémunérations scandaleuses, qui veulent y mettre un terme," a-t-il dit lors de la conférence de presse de clôture de la manifestation.

Ceci explique, selon lui, que les pays du G20 aient repris largement à leur compte les propositions, initiées par la France et l'Allemagne, rejointes par la Grande-Bretagne puis adoptées par l'Union européenne, visant à encadrer strictement les bonus des traders.

Ils se sont engagés ainsi à ce que leurs banques n'octroient plus de bonus garantis de plus d'un an, étalent dans le temps les parts variables de la rémunération de leurs traders et instaurent un malus quand les performances ne sont pas au rendez-vous.

Ils n'ont toutefois pas été jusqu'à poser des limites chiffrées, en relatif ou en absolu, pour ces bonus qui ont défrayé la chronique, comme le réclamaient Français et Allemands.

Le G20 a seulement établi que les superviseurs nationaux, comme la Commission bancaire en France, pourront intervenir pour limiter l'enveloppe globale des bonus à un pourcentage des revenus d'un établissement si son montant était incompatible avec le maintien d'une base de capital solide.

"On ne s'est pas mis d'accord sur un pourcentage, on ne s'est pas mis d'accord sur un montant mais c'est la première fois que ce principe (d'une intervention des superviseurs) est validé", a dit Nicolas Sarkozy.

De même, il s'est réjoui de la décision du sommet d'imposer un renforcement du capital réglementaire nécessaire pour les métiers les plus risqués des banques, à savoir leurs activités de marché, ce qui devrait freiner leur développement en les rendant moins rentables.

L'Europe a enfin obtenu des Etats-Unis qu'ils adoptent à l'horizon 2011 le cadre réglementaire dit de Bâle II en matière prudentielle, ce qui permettra d'harmoniser dans un sens plus sûr la situation en capital des banques des deux côtés de l'Atlantique.

Elle a accepté en échange d'y introduire la mesure du levier d'endettement, le bilan rapporté aux fonds propres, que défendait l'administration Obama.

"REDOUBLER D'EFFORT"

Aucun accord n'a été trouvé en revanche sur un autre facteur considéré comme discriminant côté européen, celui des normes comptables du secteur bancaire.

Le communiqué final appelle les organismes chargés de définir ces normes à "redoubler d'effort" pour rapprocher les normes américaines et européennes, en lui fixant comme date limite juin 2011.

Nicolas Sarkozy a obtenu gain de cause sur un autre sujet qui lui est cher, les sanctions contre les derniers paradis fiscaux, plusieurs pays ayant signé depuis le sommet du G20 de Londres en avril les douze conventions fiscales bilatérales nécessaires pour échapper à ce statut.

Ces sanctions devraient entrer en vigueur en mars 2010 et le G20 souhaitent qu'elles visent à terme les pays coupables de pratiques de financement du terrorisme ou de blanchiment d'argent sale.

Le président français a confirmé son intention de présenter une loi interdisant aux banques françaises d'avoir des filiales dans ces "juridictions non coopératives".

A propos des banques hexagonales, il s'est inscrit en faux contre l'idée, envisagée par son conseiller Henri Guaino, de les contraindre à choisir entre des activités de dépôt ou de marché, comme les Etats-Unis l'ont longtemps fait, pour des raisons de lutte contre les risques systémiques.

Il en veut pour preuve que la faillite il y a un an de Lehman Brothers, un établissement ayant peu de déposants, a failli entraîner une cascade de défaillances qui a rendu nécessaire une intervention massive des Etats pour soutenir leurs banques.

En attendant, il s'est dit heureux à l'idée de pouvoir continuer à faire avancer les dossiers de la régulation lors de la présidence du G20, qui reviendra à la France en 2011.

26Sep 2009

."ça va secouer" : Le premier ministre a confirmé hier l'instauration du scrutin majoritaire mixte à un tour pour les futurs conseillers territoriaux.

« Ça va secouer ! » François Fillon ne croit pas si bien dire quand il évoque publiquement ses inquiétudes sur la réforme des collectivités territoriales, que son gouvernement s'apprête à engager devant le Parlement. Le premier ministre a pu mesurer, vendredi, au Touquet, les réticences des députés et sénateurs UMP. Applaudissements tièdes, mise en garde du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, critiques plus feutrées mais réelles de son homologue du Sénat, Gérard Larcher. Bref, ce n'est pas gagné d'avance pour ce que le premier ministre présente comme « le grand chantier des prochains mois au Parlement ».

Deux fois moins d'élus

François Fillon aura transformé son discours de clôture des journées parlementaires en un plaidoyer pour la modernisation de l'organisation des territoires. « Je vous parle ici en tant qu'élu local que je fus pendant plus de vingt ans plus qu'en tant que premier ministre », a-t-il lancé pour mieux rassurer un auditoire sceptique.

François Fillon a aussi mis en exergue ses racines gaullistes pour justifier la réforme : « La France des baronnies n'est pas la mienne ! » Plus loin, le chef du gouvernement en a appelé à l'intérêt général en assurant qu'il n'a « jamais distingué les intérêts locaux des intérêts nationaux ». Sans susciter l'enthousiasme.

Le premier ministre a ensuite précisé le projet du gouvernement. D'abord en défendant la suppression de la taxe professionnelle, dont le produit abonde les budgets des collectivités locales. Pour François Fillon, cette décision est un « atout » pour la compétitivité des entreprises. « Ce qui menace les territoires, c'est la désindustrialisation, pas la suppression de la taxe professionnelle. »

Si le principe de cette suppression ne fait pas débat dans la majorité, les élus s'interrogent encore sur les contours de la future contribution économique territoriale. Le premier ministre leur a confié la tâche d'en définir les modalités : « Il appartient au Parlement de trouver la solution la plus pragmatique. »

En revanche, l'exécutif a tranché sur la question du mode de scrutin des futurs conseillers territoriaux, qui remplaceront les conseillers généraux et régionaux en 2014. Le chef du gouvernement a défendu son choix : celui d'un scrutin cantonal « mixte, majoritaire, pour l'essentiel, doublé d'une dose de proportionnelle ».

Avec un slogan tout trouvé : la réduction de 6 000 à 3 000 élus. « J'en suis conscient, a admis François Fillon. Localement, cela constituera un choc que nous allons devoir assumer. Mais nous aurons les Français avec nous ! » Le gouvernement peut sans doute compter sur le soutien de l'opinion, mais peut-être pas sur celui des parlementaires, vu les minces applaudissements qui ont retenti à cet instant.

Inspiré par Léon Blum

Un peu plus tôt, Bernard Accoyer s'était affranchi de son habituelle prudence. « La proportionnelle, c'est le mode de scrutin des assemblées instables, des groupes charnières, des exécutifs précarisés, des majorités impuissantes et des minorités régnantes. C'est la volonté du peuple diluée », a tonné Bernard Accoyer, pas encore, selon son expression, « converti à ce mode de scrutin ».

Pas sûr donc que les arguments du premier ministre aient retournés le président de l'Assemblée. D'autant que François Fillon renvoie la paternité de ce système électoral au Front populaire : « Ce mode de scrutin est inspiré de celui promu en 1926 par Léon Blum et adopté par le PS dans son programme électoral de 1972. »

Quant aux craintes des parlementaires de se lancer dans une telle réforme à quelques mois des régionales, le premier ministre les écarte brutalement. « Il ne faut pas craindre ce débat de fond. La meilleure façon de perdre, c'est d'y aller sans projet », a-t-il martelé en pointant les « contradictions » de la gauche et la plaçant « devant ses responsabilités ». « Si la gauche conteste l'idée qu'il faut des conseillers territoriaux moins nombreux mais plus influents, qu'elle le dise ! »

Très offensif durant les journées parlementaires, François Fillon a troublé l'assistance en s'adressant à la fin de son discours à ses « amis » parlementaires, presque sur le ton de la confidence : « Je voulais plus personnellement vous remercier du soutien que vous m'avez toujours apporté. » À six mois des élec tions régionales et surtout du probable et large remaniement gouvernemental qui suivra, ces mots ont pour certains résonné comme les adieux du premier ministre François Fillon aux journées parlementaires.

16Sep 2009

Devant l'UMP, Sarkozy soutient Besson sur les test ADN

Ne surtout pas rouvrir la polémique sur les tests ADN. Lors de la réception du groupe UMP à l'Élysée, à l'occasion de la rentrée parlementaire, Nicolas Sarkozy n'a pas hésité mardi à recadrer les députés de la majorité. "Très en forme", selon plusieurs participants, le Président a soutenu la décision du ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Éric Besson de ne pas signer les décrets d'application de la loi, une attitude critiquée au sein de l'UMP. Certes, Éric "Besson n'a peut-être pas été très habile, mais il a été de bonne foi", a jugé le Président. Selon plusieurs députés, Nicolas Sarkozy a justifié le rétropédalage en expliquant que "l'affaire a été très mal emmanchée" et que du coup "on perdait à droite comme à gauche". Il a aussi souligné que "techniquement, les choses avaient été arrêtées de manière inefficace". Une façon de critiquer le travail des députés qui avaient édulcoré le texte du gouvernement pour mieux faire passer une mesure très controversée... Selon Jean Leonetti, député UMP des Alpes-Maritimes, cité par l'Agence France-Presse, le chef de l'État a estimé que l'amendement "adopté était de toutes façons de portée très limitée" et a invité "les uns et les autres à éviter de faire une querelle complètement artificielle sur une question qui avait une forte valeur symbolique mais qui, sur un plan pratique, était quasi insignifiante".

30Aug 2009

Taxe carbone: Lagarde rassurante

Dans une interview au Monde, la ministre de l'Economie Christine Lagarde s'est dite pour une "redistribution intégrale" de la taxe carbone. Elle entend vouloir "rassurer les ménages".

"Je crois que les Français savent que nous devons prendre le virage écologique", a pressenti Christine Lagarde dans un entretien au Monde, daté de dimanche. Une manière de justifier l'instauration de la taxe carbone, aussi baptisée Contribution Climat Energie (CCE), dont l'entrée en vigueur est prévue pour 2010. Face au débat suscité autour de ce nouvel impôt, la ministre de l'Economie a voulu calmer le jeu: "Notre ambition n'est pas d'alourdir le fardeau fiscal", a-t-elle souligné. "Je veux aussi rassurer les ménages: l'opération se fera pour eux à prélèvements obligatoires constants". Et d'ajouter: "Nous apporterons des compensations aux ménages fragiles qui seront les plus touchés par la réforme. (…) Ma conviction est qu'il faut redistribuer intégralement aux ménages le produit de la Contribution climat-énergie qu'ils supporteront", a poursuivi la locataire de Bercy. Une taxe controversée

Alors que le rapport sur la taxe carbone, remis fin juillet au gouvernement par Michel Rocard, préconise un tarif de 32 euros la tonne, Christine Lagarde juge plus "raisonnable" dans un premier temps, un tarif aux alentours de 15 euros, qui permettrait, selon elle, de rapporter 4 milliard d'euros à l'Etat. Mais cette proposition suscite déjà une certaine controverse, notamment parmi les écologistes: "Le gouvernement s’achemine vers un prix très faible qui ne permettrait pas d’infléchir durablement les comportements. (…) On est bien loin de la "révolution" à laquelle Nicolas Sarkozy appelait dans son discours de clôture du Grenelle de l’Environnement", estimaient vendredi les Verts dans un communiqué.

Alors que plusieurs voix au sein de la majorité estimaient que la taxe carbone pourrait servir à remplacer la suppression de la taxe professionnelle, la ministre de l'Economie a assuré que "ce n'était pas l'objectif. Il ne faut pas aller piocher dans la nouvelle contribution pour payer la taxe professionnelle". De son côté, Ségolène Royal a expliqué vendredi que ce nouvel impôt ne servirait qu' "à remplir les caisses que l'Etat a vidé".

30Aug 2009

PARIS - Nicolas Sarkozy a renoncé à élargir le gouvernement de François Fillon alors que ce remaniement était présenté comme imminent la semaine dernière, selon Le Figaro.

Nicolas Sarkozy a renoncé à élargir le gouvernement de François Fillon alors que ce remaniement était présenté comme imminent la semaine dernière, selon Le Figaro. (Reuters/Philippe Wojazer)

Nicolas Sarkozy a renoncé à élargir le gouvernement de François Fillon alors que ce remaniement était présenté comme imminent la semaine dernière, selon Le Figaro.

Le quotidien affirme que le président français a pris sa décision notamment pour des questions d'image, la constitution d'un gouvernement de plus de 40 ministres risquant d'être mal perçue par l'opinion publique en temps de crise.

"Je ne le sens plus. Ce n'est pas le moment d'augmenter le nombre de ministres. On a autre chose à faire", aurait-il déclaré avant de repartir en vacances mercredi soir.

Les noms du député UMP Axel Poniatowski, du PRG (Parti radical de gauche) Paul Giacobbi et du porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, étaient souvent cités.

Jeudi, plusieurs médias avaient avancé que ce léger remaniement, qui aurait complété celui du 23 juin dernier, pourrait attendre les élections régionales de mars.

Selon Le Figaro, Frédéric Lefebvre, qui a perdu son siège de député des Hauts-de-Seine avec le retour de l'ex-Secrétaire d'Etat à la Fonction publique André Santini à l'Assemblée, obtiendrait la direction d'une agence gouvernementale, ce qui lui permettrait de rester porte-parole de l'UMP.

Mais le Nouveau Centre (NC), qui fait partie de la majorité, demande que le départ d'André Santini, qui siège au sein de cette formation, soit compensé au sein du gouvernement.

"Je regrette le départ d'André Santini du gouvernement. Ce n'est pas un très bon signal et nous demandons que la présence du Nouveau Centre au sein du gouvernement soit reconnue et confortée", déclare le président du groupe NC à l'Assemblée.

"Ce choix appartient au président de la République, mais je souhaite l'arrivée d'un nouveau ministre issu de nos rangs", a ajouté François Sauvadet dans Le Parisien de samedi.

05Jul 2009

Nicolas Sarkozy : "j'ai commis des erreurs"

NOUVELOBS.COM | 03.07.2009 | 18:03

Deux ans après son élection, Nicolas Sarkozy affronte dans un environnement tourmenté la seconde partie de son quinquennat. Crise, chômage, retraite, bouclier fiscal, ouverture, médias ou justice… Dans un entretien exclusif pour le Nouvel Observateur, il répond aux questions de Denis Olivennes et de Michel Labro. Voici les principaux extraits de l'interview publiée dans son intégralité dans le Nouvel Observateur daté du 2 juillet.

N. O. – On se souvient encore de l’échange plutôt vif que vous aviez eu avec Laurent Joffrin, le patron de "Libération" – il vous reprochait d’avoir "instauré une forme de pouvoir personnel, voire de monarchie élective" –, lors de votre conférence de presse de janvier 2008...

N. Sarkozy. – Je ne l’aurais plus aujourd’hui. Pas seulement en raison de la considération que j’ai pour l’intéressé. Mais en raison de l’idée que je me fais de ma fonction. Est-ce de cela dont je suis le plus fier dans mon début de mandat ? Certainement pas.

N. O. – Tout récemment encore, à Bruxelles, vous avez éconduit un journaliste de l’AFP qui vous interrogeait sur les rebondissements dans l’enquête judiciaire sur l’attentat de Karachi.

N. Sarkozy. – Si ce journaliste m’avait demandé: "L’assassinat de nos compatriotes est-il lié à un différend franco-pakistanais à propos de commissions non payées ?", je lui aurais répondu que je n’en savais rien et qu’il fallait que la justice aille jusqu’au bout de la recherche de la vérité. Mais la question était : "Vous étiez ministre du Budget, vous souteniez Balladur dans la campagne présidentielle, il y a l’attentat de Karachi, est-ce que vous étiez dans le coup ?" Je fais de la politique depuis trente-cinq ans, je n’ai jamais été associé à un scandale quel qu’il soit, et pourtant on a enquêté sur moi sous tous les angles. Cela devrait vous rassurer d’avoir un président pointilleux sur les questions d’honnêteté. J’en ai connu d’autres qui disaient à la télévision: "Des écoutes ? Moi, jamais." Je ne suis pas capable d’une telle hypocrisie !

(...) N. O. – Dans les deux premières années de votre mandat, vous n’avez donc commis aucune erreur ?

N. Sarkozy. – Certainement pas : j’ai commis des erreurs. Est-ce que tout ce qui m’est reproché l’est injustement ? Non. Il faut un temps pour entrer dans une fonction comme celle que j’occupe, pour comprendre comment cela marche, pour se hisser à la hauteur d’une charge qui est, croyez-moi, proprement inhumaine.

N. O. – La soirée du Fouquet’s, au soir de votre élection par exemple, c’est le péché originel du sarkozysme: le CAC 40, les patrons de presse amis, le show-biz !

N. Sarkozy. – Lorsque le général de Gaulle est revenu au pouvoir, en 1958, il avait organisé une conférence de presse dans un grand hôtel parisien, l’hôtel La Pérouse. Un de vos confrères a écrit: "Le général de Gaulle a reçu les journalistes dans cet hôtel où il a ses habitudes." Notons que le standing du La Pérouse ne faisait pas alors débat… Je n’avais pas mes habitudes au Fouquet’s. J’observe d’ailleurs que les critiques sur mes amis, ma vie…

N. O. – …Votre côté bling-bling !

N. Sarkozy. – Ces critiques avaient commencé bien avant le Fouquet’s. Cela correspondait à une époque de ma vie personnelle qui n’était pas facile et où j’avais à me battre sur plusieurs fronts. Je n’avais pas attaché à cette soirée une importance considérable. J’ai eu tort. En tout état de cause, à partir du moment où quelque chose n’est pas compris et fait polémique, c’est une erreur. Et si erreur il y a, ce n’est pas la peine de la recommencer

(…) N. O. – Lorsque vous vous attaquez à un humoriste comme Stéphane Guillon sur France-Inter parce qu’il prend pour cible DSK, Martine Aubry ou vous-même d’ailleurs, vous sortez de votre rôle.

N. Sarkozy. – Je ne m’attaque à personne même si je considère que traiter sur le service public Mme Aubry de "pot à tabac" n’est pas respectueux de la dignité des personnes.

N. O. – Mais c’est un humoriste qui dit cela.

N. Sarkozy. – Si M. Le Pen disait cela, je suis sûr que vous le dénonceriez.

N. O. – Le prince doit laisser le bouffon faire son métier.

N. Sarkozy. – Je le pense tellement que c’est ce qui m’avait conduit en pleine campagne présidentielle à soutenir "Charlie Hebdo" dans son procès à propos des caricatures du Prophète.

N. O. – Et ce Marseillais convoqué devant un tribunal pour avoir dit: "Sarkozy, je te vois", lors d’une intervention policière. Cette crispation autour de la protection de l’image du chef de l’Etat, c’est inquiétant pour les libertés.

N. Sarkozy. – Je suis désolé de cette affaire que j’ai apprise par la presse. C’est ridicule. J’en ai été choqué. Je n’ai porté plainte en aucune manière. Je ne comprends pas pourquoi cet homme a été poursuivi devant un tribunal de police. D’autres choses ont pu me blesser – et je n’ai pas réagi pour autant. Il y a des centaines de livres, d’articles dans lesquels je suis attaqué. Je n’ai jamais réagi, quoi que j’en pense. Je ferai ainsi tout au long de mon mandat. C’est le respect que je dois à ma fonction. Je ne peux pas réagir comme un simple citoyen, y compris au Salon de l’Agriculture !

N. O. – Contrairement à vos prédécesseurs, vous n’hésitez pas à saisir la justice. Vous vous êtes porté partie civile dans le dossier Clearstream, dont le procès se tiendra à la rentrée.

N. Sarkozy. – Pour Clearstream, je suis étonné qu’on s’en étonne. J’ai le droit de savoir et le devoir d’agir. Si on trouvait votre nom sur le fichier d’une banque luxembourgeoise, cela ne vous intéresserait pas de savoir comment on se retrouve dans une histoire comme celle-là ? Que la justice dise ce qu’il en est. Tranquillement, sereinement. Point.

N. O. – Et le fait que le parquet ait ordonné le renvoi de Dominique de Villepin ?

N. Sarkozy. – C’est la justice. Deux juges dont l’indépendance d’esprit est notoire ont instruit l’affaire. Ils ont demandé l’avis du parquet sur le renvoi de Dominique de Villepin. Le parquet pouvait dire non. Il a dit oui. Les juges pouvaient dire non. Ils ont dit oui. Laissons faire la justice pour que plus jamais des officines ne puissent salir en toute impunité.

(…) N. O. – Et le remaniement ? Fin de la diversité, pas de nouvelle ouverture, exit le secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme, vous rentrez dans le rang…

N. Sarkozy. – La diversité: regardez les choix que j’ai faits pour le ministère de l’Outre-Mer, ou pour le secrétariat d’Etat aux Aînés. Je continue dans la diversité parce que c’est mon devoir. J’ai beaucoup regretté que Rama Yade refuse la liste européenne car c’était très fort pour la diversité qu’une formation de droite la présente en Ile-de-France. Quel exemple pour la jeunesse ! C’est facile de faire avancer la diversité par les nominations gouvernementales. Mais l’élection au suffrage universel de cette jeune femme, cela aurait été magnifique comme signal. Je suis reconnaissant à Rachida Dati de l’avoir compris. La fin du secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme, ce n’est pas la fin des droits de l’homme, on l’a vu sur l’Iran où la France est à l’avant-garde. Bernard Kouchner a mis toute sa vie au service de cette juste cause. Quant à l’ouverture, Frédéric Mitterrand, la caractérise magnifiquement. J’avais trouvé son livre "la Mauvaise Vie" courageux et talentueux ; il a fait un étonnant travail à la Villa Medicis ; il a de l’enthousiasme. Ce n’est en rien la fin de l’ouverture. L’un des grands problèmes de la France, c’est le sectarisme. Ceux qui me reprochent l’ouverture, me proposent-ils de faire campagne sur la fermeture ? La France a besoin d’une équipe diverse. Regardez le travail formidable que fait Martin Hirsch : je n’ai pas envie d’arrêter cela. Le problème de l’opposition aujourd’hui c’est d’être à ce point fermée. Nous avons connu cela nous-mêmes. L’erreur qu’a commise la droite à l’époque du Pacs ! C’était ridicule et outrancier. On s’est trompé. J’en ai tiré des conséquences définitives. Jamais il ne faut se raidir. Jamais il ne faut se bunkériser, jamais il ne faut détester.

(…) N. O. – A la fin, à quoi vous jugerez que vous avez accompli la mission que vous vous êtes fixée ?

N. Sarkozy. – Je ne me regarde pas agir. J’agis. Je ne suis pas narcissique, je ne vais pas commenter ma propre action. C’est vous qui direz, librement, de manière critique, ce qu’il y a lieu d’en penser. J’ai un travail à faire. C’est mon devoir. J’ai pour moi-même et ceux qui travaillent à mes côtés une immense exigence, autour d’une obsession: moderniser notre pays. Faire en sorte que la France sorte plus grande et plus forte de la crise qu’elle n’y est entrée. Et je veux aussi que, quand je partirai, nous ne laissions rien à nos successeurs que nous n’aurions pu accomplir nous-mêmes.



Propos recueillis par Denis Olivennes et Michel Labro

14Jun 2009

Un résultat qui nous engage

Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, a estimé dimanche soir (dimanche 7 juin 2009) que la victoire du parti de la majorité aux élections européennes était "un succès important".

Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, a déclaré que ce résultat était "un résultat au-delà de nos espérances, mais un résultat qui nous engage"."C'est un succès important qui nous donne aussi des responsabilités importantes parce que l'abstention est toujours aussi présente", a ajouté Xavier Bertrand. "Dans toute l'Europe, le taux d'abstention est important parce que ça montre bien que des questions sont là sur l'Europe et qu'il nous faut continuer à faire changer l'Europe".

Il a également estimé que les résultats des élections européennes représentaient "la défaite" de ceux qui n'avaient "pas parlé d'Europe dans cette campagne" et "la sanction d'une opposition hystérique et obsessionnelle".

"C'est la première fois depuis 1984 qu'un parti de la majorité présidentielle arrive en tête aux élections européennes", a affirmé François Fillon. VIDEO: La déclaration de François Fillon

Pour lui, ce succès tient "d'abord (à) la reconnaissance du travail accompli par la présidence française de l'Union européenne sous l'autorité du président de la République", avant d'ajouter que c'est aussi "le résultat de l'unité de la droite."Ce succès, nous l'assumons avec beaucoup de gravité", a encore dit le Premier ministre, promettant que la France serait "en première ligne" pour relever "deux grands défis": celui de la crise économique et du réchauffement climatique.

Pour Frédéric Lefebvre, "les engagements pris par les candidats pendant la campagne des européennes seront tenus par les eurodéputés tout au long de leur mandat", comme il l'a annoné lundi 8 juin lors de la conférence de presse hebdomadaire au siège national

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